Assurance clou à clou : Définition
L’assurance clou à clou est l’une des garanties les plus connues dans le domaine de l’art et de son transport.
Elle se définit comme une assurance tous risques, qui protège une œuvre depuis le moment où elle est décrochée de son emplacement d’origine jusqu’à son retour, une fois l’exposition, le transport ou le prêt terminé.
L’expression “clou à clou” illustre bien cette continuité : du clou du départ au clou du retour, l’œuvre bénéficie d’une couverture complète, sans rupture de protection. C’est cette continuité qui en fait la formule de référence pour sécuriser les déplacements d’œuvres d’art.
Définition précise de l’assurance clou à clou
Concrètement, une assurance clou à clou vise à couvrir toutes les étapes sensibles auxquelles une œuvre est exposée lors de ses mouvements :
- le démontage et l’emballage par un professionnel,
- le transport (par la route, par avion ou par bateau),
- les manutentions lors des chargements, déchargements ou transferts,
- les formalités douanières et périodes de transit,
- l’exposition elle-même (accrochage, séjour en salle, démontage),
- le retour et le ré-accrochage à son emplacement initial.
Elle s’oppose à l’assurance dite “séjour”, limitée à la seule durée de l’exposition, sans inclure les trajets aller-retour.
Qui doit souscrire cette assurance ?
Dans la pratique, c’est l’organisateur ou l’emprunteur (musée, galerie, collectivité, maison de ventes, entreprise) qui prend en charge la souscription de l’assurance clou à clou.
Le prêteur , souvent le collectionneur, le particulier ou l’institution propriétaire de l’œuvre, exige en effet une attestation d’assurance clou à clou avant de confier ses biens.
Cette attestation prouve que l’œuvre est protégée tout au long de son voyage, et pas seulement lorsqu’elle est accrochée dans un espace d’exposition. Elle fait partie des documents standards dans les contrats de prêt.
Étendue de la couverture
L’assurance clou à clou est réputée pour son caractère “tous risques”. Elle couvre :
- les dommages matériels (bris, casse, accident, incendie, dégât des eaux),
- le vol, la disparition ou le vandalisme,
- les sinistres survenus pendant les transports, les manutentions ou les périodes de stockage.
Dans certains contrats, les garanties peuvent aller plus loin :
- frais de restauration de l’œuvre,
- indemnisation de la perte de valeur marchande (dépréciation) après un accident, même si l’objet a été restauré.
Cette extension est essentielle pour les œuvres de grande valeur, où une réparation ne suffit pas à compenser la perte de cote sur le marché de l’art.
Valeur déclarée ou valeur agréée ?
Lorsqu’une œuvre est assurée clou à clou, la question de la valeur est centrale. Deux régimes existent :
- Valeur déclarée : l’assuré indique lui-même la valeur de l’œuvre. En cas de sinistre, l’indemnisation est basée sur cette déclaration.
- Valeur agréée : l’œuvre est expertisée et une valeur est validée contractuellement par l’assureur. En cas de dommage, cette valeur sert directement de référence pour l’indemnisation.
La valeur agréée est généralement privilégiée pour simplifier les règlements et éviter toute contestation.
Exclusions typiques et précautions
Comme toute assurance, la garantie clou à clou comporte des exclusions. Les plus fréquentes concernent :
- le vice propre ou l’usure naturelle de l’œuvre,
- un emballage jugé insuffisant ou inadapté,
- les dommages esthétiques mineurs qui n’affectent pas la structure de l’œuvre,
- certaines conditions de vol (par exemple, véhicule non gardé ou absence de surveillance).
Ces exclusions rappellent l’importance de confier le transport et l’emballage à des prestataires spécialisés. Le respect des normes professionnelles (caisses climatisées, manipulations par techniciens formés, etc.) est aussi un préalable à la validité de la couverture.
Comment est calculée la prime ?
Le coût d’une assurance clou à clou dépend de plusieurs facteurs :
- la valeur assurée (c’est le critère principal),
- la durée de l’exposition et du transport,
- le périmètre géographique (national, européen, international),
- les garanties additionnelles (dépréciation, restauration, absence de franchise).
En général, la prime correspond à un taux appliqué à la valeur de l’œuvre, avec une prime minimale forfaitaire.
En résumé
L’assurance clou à clou est devenue un standard incontournable dans le monde de l’art.
Elle garantit la sécurité juridique et financière des propriétaires comme des organisateurs, en couvrant l’œuvre du départ au retour.
Au-delà d’une simple définition, elle constitue un gage de confiance entre prêteurs et emprunteurs, et un passage obligé pour toute exposition ou transport d’œuvres d’art de valeur.
FAQ – Assurance clou à clou
Qu’est-ce que l’assurance clou à clou ?
C’est une assurance tous risques qui couvre une œuvre d’art depuis son décrochage initial jusqu’à son ré-accrochage, incluant transport, manutention, transit et exposition.
Quelle est la différence entre assurance séjour et assurance clou à clou ?
L’assurance séjour se limite à la période d’exposition. L’assurance clou à clou englobe les trajets aller et retour, ainsi que les opérations annexes.
Qui doit souscrire cette assurance ?
L’emprunteur ou l’organisateur de l’exposition (musée, galerie, institution) est généralement responsable de la souscription et doit fournir une attestation au propriétaire.
Comment est fixée l’indemnisation en cas de sinistre ?
Selon les cas : soit sur la base d’une valeur déclarée, soit d’une valeur agréée, reconnue par l’assureur avant l’exposition.
Quels sont les principaux cas d’exclusion ?
Le vice propre de l’œuvre, un emballage insuffisant, certains dommages esthétiques mineurs, ou encore le non-respect des conditions de sécurité pour le transport.